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Message à Kamel Daoud, cet ambassadeur clandestin..

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Terre entre nos mains

 

« Chacun ne voit en l’autre que ce qu’il intéresse », c’est une parole de ce journaliste Algérien qui peut expliquer l’engouement des médias français pour ce penseur francophone et surtout francophile qui représente pour les journalistes un ambassadeur de choix pour incarner les idées et les valeurs de l’occident afin de les diffuser au sein du monde arabe.

 

C’est un peu « l’arabe du futur » décrit par riad sattouf dans ces bandes dessinées.

 

Mais cette démarche fait de Kamel Daoud un ambassadeur clandestin dans son propre pays ou même un sans-papiers car l’écrivain défend de nombreuses idées qui ne représentent que lui même, et pas vraiment le peuple algérien, ni les Français d’origine algérienne, ce statut de diplomate a finalement peu d’écho autour de lui.

 

 

Pour quelle raison ? Cet écrivain possède malgré tout des qualités en matière d’écriture et de réflexion qu’il aurait pu utiliser à des fins plus objectives. Ce romancier a été sauvé par les livres nous dit-il, mais il semblerai qu’il vive aujourd’hui dans un de ces romans, tout le suggère, dieu est devenu pour lui un personnage littéraire qu’il manipule à sa guise et comme bon lui semble, la façon dont il décrit aussi l’horrible peuple algérien nous fait penser à don quichotte qui confondait des moulins à vents avec des monstres géants, pour finir l’illustration de son monde imaginaire, il a laissé croire au monde entier, distinction financière à la clé, qu’il se battait chaque jour pour sa liberté d’expression, mais si ce droit était vraiment en danger chez lui, comment aurait-il pu écrire des centaines d’articles pendant plus de vingt ans, qui pour beaucoup s’apparentent à des provocations, sans être inquiété  ?

 

 

En tant que franco-algérien je ne pense pas que Kamel Daoud puisse être un « véritable phare » en l’état actuel des choses car ce qui me dérange aussi chez ce journaliste, c’est qu’il est en rupture avec sa société, son histoire et sa culture. Qu’on le veuille ou pas la religion par exemple est une composante incontournable des sociétés du Maghreb et d’Orient, mais à travers ces écrits et sa réflexion on ressent chez lui une incompréhension, un déni totale de cette réalité, pire encore, une diabolisation à son égard. S’il faut accepter que bon nombres de personnes ne ressentent pas le besoin de croire ou d’avoir une religion, il faut en contrepartie accepter aussi que d’autres expriment leur attirance pour une foi ou une religion. Le religieux n’ emmène pas systématiquement à l’obscurantisme comme il l’affirme très souvent, mais il peut aussi susciter de la réflexion et apporter une ouverture d’esprit sur le monde comme ca été le cas pour moi. Il a fait de son expérience personnelle une généralité.

 

 

 

Malgré ces qualités d’intellectuels, Kamel Daoud est pour moi un diplomate sans-papiers car il présente un peu les mêmes symptômes que les islamistes qu’il aime tant critiquer et qui constitue son fond de commerce: un désintérêt et un manque d’empathie certain pour la nation qu’il a vu grandir, l’Algérie, ainsi qu’une idéalisation extrême pour un autre monde, l’occident, qui est pourtant loin d’être exempté de défaut. Les islamistes et les fondamentalistes présentent pourtant les mêmes symptômes que lui : un manque d’empathie pour leur société et une indifférence totale pour les pays dans lesquels ils vivent, ainsi qu’une idéalisation pour daech.

 

 

 

Les médias et certains politiques veulent présenter Kamel Daoud comme un exemple de modernité au milieu d’un monde obscur mais il ne m’inspire personnellement pas grand-chose, pour quel raison ? C’est que sa doctrine se décline toujours sur les deux mêmes axes : combattre le fondamentalisme et dénoncer le nationalisme algérien, hormis cela j’ai l’impression que ce journaliste lauréat du prix Goncourt n’a rien d’autre à partager, à transmettre aux lecteurs à travers ces articles. Il y a pourtant tellement d’idées à défendre, de chose à bâtir, de beauté à décrire même dans son propre pays, l’humanisme qu’il défend et qu’il admire tant en occident se trouve également au sein du peuple même qu’il critique à outrance.

 

 

 

« Les Français qui visitent l’Algérie sont perçu comme des colonisateurs par la population, la France s’attelle à redéfinir la laïcité pour sa communauté musulmane, l’islamisme avance masqué, les islamistes aiment l’école,.. » voila quelques échantillons des derniers articles écrits par ce chroniqueur, il n’y a pas de quoi vraiment se réjouir devant tous ces mensonges et désinformations. Ce que lui et certains de ses confrères appellent « l’international islamisme » sont pour la plupart des actes isolés commis par des jeunes adultes en manque d’équilibre.

 

 

Mon intention n’est pas de dénigrer les quelques intellectuels démocrates qui subsistent dans le monde arabe puisque je suis moi-même laïque et démocrate, la critique est nécessaire mais doit être ponctuée d’optimisme, d’objectivité et d’espoir, éléments que j’ai du mal à retrouver chez Kamel Daoud dans ces articles, qui j’ai l’impression, fait parti des gens qui ne voit le verre qu’à moitié vide.

 

 

Oui je pense que Kamel Daoud est plutôt pessimiste et manque d’objectivité malgré sa subtilité intellectuelle : dernier exemple en date l’article qu’il a écrit sur le butin culturel, ce patrimoine conservé par les anciennes puissances coloniales.

 

 

Personnellement, je me bat à travers mes idées et mes écrits pour encourager la restitution de ces nombreuses œuvres d’art majeurs qui ont été extraites d’une manière illégale au sein de nombreux pays qui en sont les véritables propriétaires. Ces restitutions sont d’une importance capitale pour préserver la mémoire culturelle et historique de plusieurs nations qui vivent actuellement des crises identitaires, l’intérêt de ces restitutions ? Contribuer à la continuité et à la renaissance culturelle de ces nations qui sont en proie à la tentation fondamentaliste et nationaliste. Ce patrimoine historique est pour moi le meilleur rempart contre le fanatisme et peut même insuffler de nouvelles vocations. Il faut souligner aussi que ce patrimoine n’a subi des destructions que dans seulement deux pays ( Afghanistan et Syrie) et que la majorité des pays musulmans respectent cet héritage.

 

 

Mais mr Daoud n’a pas la même analyse, pour lui ces objets seront mieux à l’abri dans les collections et musées européens, il est pourtant lui même en première ligne pour combattre l’obscurantisme. Mais de quel manière si prendra t’il alors ? Quelle est son projet ? En affirmant cette nouvelle position, comment ne pas penser qu’en tant que journaliste algérien ne devrait-il pas songer à défendre un peu plus les intérêts de son propre pays et ceux de son continent au lieu de celui des autres ? Nous lui souhaitons donc bonne chance dans sa croisade….

 

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