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J’ai croisé le regard d’Albert camus…

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L’envers et l’endroit, premier texte écrit par cet écrivain français ayant vécu et grandi en Algérie française. Cet essai raconte de nombreux de ses souvenirs d’Alger et de ses voyages, à l’étranger et en Algérie..

L’envers et l’endroit, un nom évocateur qui peut aussi rappeler l’identité complexe, voir opposée de cet illustre penseur, français, algérien. Ce titre évoque aussi pour moi un regard croisé que j’ai pu avoir avec lui d’une manière décalée et intemporelle, moi algérien français, lui français algérien.

J’ai croisé son regard d’enfant prés de chez moi à Bellecour, cette célèbre place à Lyon, qui est aujourd’hui un haut lieu du shopping et du commerce, c’était aussi le nom de son quartier populaire à Alger, où il a grandi.

L’envers et l’endroit évoque aussi cette idée de face opposée, mais qui constitue pourtant le même objet, l’une ne pouvant observer l’autre, l’observateur également, ne pouvant voir qu’une « partie », un peu comme l’ identité de l’écrivain, ainsi que mon identité également. Celle-ci demeure complexe, parfois visible ou invisible.

Mon identité paraît miroiter un peu avec celle d’Albert camus, qui fut je pense une véritable passerelle entre ces deux pays. J’écris cela car j’aurai pu croiser l’écrivain dans ma vie au moins deux fois : une fois en France et une fois en Algérie.

J’ai croisé simplement son regard un jour prés de ma région d’origine en France, au chambon-sur-lignon en Haute-Loire, où il est venu se soigner d’Algérie, lorsque qu’il est tombé malade à cause de la tuberculose. J’ai vu son regard affaibli, durant cette journée d’été en traversant cette petite ville pour aller faire du canoë en Haute-Loire. Ce département rural, ressemble un peu à ce qu’était la France d’ autrefois, peu de chose ont changé.

J’ai de nouveau croisé son regard rétabli un jour d’automne, une autre fois chez lui en Algérie. Il visitait la ville  romaine de Djémila, son nom ancien était Cuicul, une ville de soldat vétéran. Mon cousin d’Algérie m’avait accompagné, d’une manière un peu perplexe, mais au terme de cette ballade antique, il m’avoua que cette visite lui avait fait le plus grand bien, lui qui ne connaissait pas beaucoup le divertissement et la découverte.

Albert camus mentionnera cette journée qu’il passa à Djémila prés de Sétif dans « l’envers et l’endroit », un lieu hors du temps qui permet un peu de soigner son âme, face à la monotonie du quotidien en Algérie.

Le chambon-sur-lignon en France et Djémila en Algérie, est-ce peut-être l’envers et l’endroit, mais qui ont malgré tout un pouvoir de guérison ? C’est en tout cas le secret que je partage jalousement avec ce grand écrivain.

Les partisans de l’identité unique connaissent t’ils ces deux hameaux? Si proches et si opposés à la fois ?

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