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Entre la France et l’Algérie, pourquoi est-ce si difficile ?

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Selon la récente analyse du journaliste Kamel Daoud, la France serait une bonne élève, car elle a été sans rancune à l’égard de l’Allemagne, tandis que l’Algérie, serait selon lui, de mauvaise foi, à l’égard de l’ancienne occupation Française, et n’exprime pas de volonté de réconciliation aujourd’hui. Mais est-ce aussi simple ?

L’occupation, la libération et l’après-guerre de ces deux pays sont pourtant totalement différent : Il ne s’agit pourtant pas de minimiser les séquelles de la guerre, ni de nier la shoah, mais de souligner des différences notoires.

L’occupation allemande, a duré seulement quelques années, il n’y a pas eu de colonie de peuplement, pas d’éradication de la mémoire culturelle, peu de terre spoliées, les Allemands, enfin, ont proposé une collaboration actif au peuple Français (régime de vichy).

L’occupation de l’Algérie a duré 132 ans, avec un peuplement massif, confiscation de toutes les terres, éradication de la mémoire culturelle, une collaboration avec le peuple algérien quasi-inexistante. Est-ce que la mauvaise foi, peut-elle expliquer cette comparaison ?

A la fin du régime nazi, des symboles forts vont marquer tous les esprits, afin de montrer au monde que la Shoah ne restera pas sans réponse : Plan marshall, procès de Nuremberg, mur de Berlin, des symboles de mémoires verront le jour, mémorial d’Auschwitz, musée, intégration de l’Allemagne à l’Europe, jour férié. Des mots et des actes ont été exprimé par la communauté internationale pour atténuer la douleur et rétablir le dialogue.

A l’indépendance algérienne, aucune collaboration, aucun discours officiel d’apaisement, aucun lieu de mémoire, aucun jour férié, aucun mot, aucun acte pour atténuer ce traumatisme.

A la libération, la France s’en remettra assez vite, elle fondera la Ve république, connaîtra les trente glorieuses, contribuera à la fondation de l’Europe (jean monnet), elle intégrera les pieds noirs dans sa société, bref, le fil de l’histoire continuera, là où il s’était arrêter quelques années plus tôt.

A la libération, l’Algérie, redécouvre son pays, mais découvre un pays étranger, qu’elle ne connaissait pas, un pays en parti bâti certes, mais méconnaissable, méconnaissable car le peuple n’avait plus de repères, ni dans le temps, ni dans l’espace. Aucun savoir-faire, aucune expérience politique, aucun nom d’écrivain, aucun titre musical, aucun monument familier, aucune plage familière, aucune valeur nationale. Est-ce de la mauvaise foi ? Cet handicap, ou ce boulet, l’Algérie le traînera jusqu’à aujourd’hui.

C’est un fait indéniable, la colonisation est un facteur de sous-développement, il ne s’agit pas d’avoir la culture woke ou bien parler de racialisme, mais de simplement regarder la réalité en face. Ceci, est également valable pour l’Amérique du sud, l’Afrique, et l’Asie. Etre dépossédé de son histoire pendant plus d’un siècle, avec les conséquences que cela implique, beaucoup ne peuvent comprendre cela…

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